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Stefan Zweig - Nietzsche
Si philosophie signifie "amour de la sagesse",
le Nietzsche que décrit SZ n'est pas un philosophe. Sa passion violente
et exclusive de la vérité (sa vérité ?) le lui interdisait.
Aucune compassion, aucun compromis, jusqu'à l'explosion finale.
SZ nous présente là, bien entendu, l'homme plus que la doctrine. Mais peut-on les distinguer réellement ? FN, dans sa solitude forcenée et que ses comportements avaient rendue presque inévitable, vit dans sa tête les principes qu'il énonce. Son influence sur le monde de son temps est, par contre, à peu près nulle.
Sa méthode, à elle seule, est une injure à la componction universitaire. Il court, tel Don Juan, d'une idée à l'autre, change d'avis, change de résidence et, de maladie en maladie, traîne sa carcasse. Mais il préserve l'incroyable acuité de son esprit, envers et contre tout. Il sait, il voit, mais il ne peut rien faire.
Je dirai, à titre personnel, qu’il y a chez lui deux figures inégales. L'une est celle du visionnaire, d'une extraordinaire lucidité, qui comprend que les bases de notre monde vacillent et le montre. C'est le "Crépuscule des idoles". L'autre est celle du créateur de système, que j'aime moins. Il me semble que son ignorance du monde réel et son absolu manque de pratique lui interdisaient autre chose que des constructions fort intellectuelles et excessives.
Cette remarquable biographie aide en revanche à rendre moins distant un personnage essentiel de la pensée contemporaine qui a été souvent exploité à tort et à travers. SZ est vraiment un écrivain exceptionnel !
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