Mariusz
Wilk - La Maison au bord
de l'Oniégo
Date de la note : 2 septembre 2007
M W (né en 1955) est polonais et vit dans le grand Nord russe, retiré
du monde "civilisé". Tout au long des pages de ce livre, il
nous offre à la fois le journal passionnant de cette vie de solitaire au coeur
d'un monde qui meurt et ses réflexions sur la littérature, la vie et ses rapports
avec ses congénères.
Nous connaissons mal ce monde de froid, de lumière basse et d'ennui soigné à
la vodka. Belle occasion d'en apprendre un peu plus de première main. Une vie
difficile, parfois à la limite de l'acceptable et qui ne fait plus recette. Mais
la nature s'y offre encore (pour combien de temps ?) quasi vierge et la
vie
humaine y est un combat quotidien. Le sens de ce combat fait de plus en plus
problème
et il
faut avoir le goût de la solitude chevillé au corps pour en apprécier le sel.
Cette philosophie de la vie me paraît une lointaine survivance de la folle envie
d'indépendance des années "68". Il n'en reste plus grand chose et le modèle fait
plutôt fuir qu'accourir les contemporains. Auraient-ils tous tort ? Ce refus
latent de civilisation, aussi sympathique qu'il soit, a quelque chose de pathétique.
Il me semble que mille choses qui ont fait et font encore le bonheur de ma vie
ne viennent pas de moi mais des autres, de cette civilisation qui nous offre
le travail et la pensée de tous ceux qui ont vécu avant nous.
A la différence de Fabienne Verdier ( La
Passagère du Silence) qui fuyait le
monde
pour
en
bâtir
un
autre,
ici la fuite est sa propre fin, consommatrice, jouisseuse.
Cela n'enlève rien au plaisir de lire ce beau livre nostalgique, mais insensible
et
de
faire
un
tour
avec
l'auteur dans son pays blanc. A condition d'en revenir.
Editions Noir sur Blanc (2007) - 238 pages