LIVRES ET LECTURES

Oliver Sacks - Musicophilia




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Oliver Sacks - Musicophilia

La musique, le cerveau et nous

Date de la note : 13 juin 2009

Près de cinq cents pages, foisonnantes de faits et de cas cliniques, laissent le lecteur submergé dans l'attente d'une réflexion structurante, d'une synthèse, de conclusions ou même de pistes de recherche. En vain.

Un inventaire en désordre.

Ce livre passe en revue avec un luxe de détails inouï, soit des pathologies musicales, soit l'interaction entre musiques et pathologies cérébrales. Le domaine est vaste et la catégorisation de ces interactions ou de ces pathologies donne à l'auteur l'occasion de jouer d'un instrument, dont on ne sait jamais très bien s'il s'agit de science ou de piquage de papillons sur une plaque de liège pour faire un joli sous-verre. Et parfois avec cuistrerie, dans l'usage de termes abscons non définis (sont-ils toujours définissables ?) et dignes de certaines pièces de Molière... N'espérez en aucune manière à l'issue de votre lecture, comprendre un peu mieux ce que sont l'écoute ou le plaisir musicaux !

Des cas intéressants.

Il faut donc attendre de ce trop long livre-catalogue, le seul intérêt que chaque page du catalogue peut fournir. Ces cas sont souvent instructifs, voire passionnants et montrent l'importance de la musique dans le fonctionnement de l'homme et la profondeur de l'empreinte musicale dans son cerveau. Un exemple, de ce qu'un travail moins superficiel aurait pu donner, est fourni par le chapitre qui tente (sur 2 ou 3 cas, hélas..) de montrer la dissociation entre l'aspect structure et l'aspect émotion de la perception musicale. Mais on passe vite à autre chose.

Frustrant, frustrant !

Ce livre superficiel est donc terriblement frustrant. Il ne suffit pas d'accumuler des graines pour que le blé pousse. Il faut aussi du terreau, de l'eau et du soleil. Rien de tout cela ici. L'auteur est comme paralysé par la masse des faits récoltés, sans en tirer grand-chose. Le terreau, la "culture", où les faits pourraient prendre racine, semble manquer. L'absence de référence, par exemple (une ligne en bas de page), à la maladie de G. Fauré qui a écrit là dessus une correspondance importante en témoigne.

Une démarche inaboutie.

Si l'on est souvent, en Europe, dérouté par la méthode américaine qui consiste à accumuler des faits pour en tirer le principe alors que nous procédons souvent dans l'autre sens, ici hélas, l'accumulation de faits ne conduit à rien qui permette de donner un sens à cette collection d'événements. Dommage.

Seuil (2009) - 475 pages