Michel
Ruffin - Un château en Sologne
Date de la note : 3 juillet 2004
Voici un roman fort classique très bien réussi. Chacun y trouvera
sa source de plaisir et je parie qu'aucun ne restera sec.
Vous aimez la campagne et particulièrement la Sologne ? Précipitez-vous,
plongez
vous dans ses fourrés, ses bruyères et ses brumes matinales. Ses
chemins sablonneux
vous attendent pour une longue ballade. Attention quand même à ses
sangliers tueurs. Et ne roulez pas la nuit, un chevreuil pourrait vous envoyer
dans le
fossé ! Julien ne sera pas toujours là pour vous ramasser.
Sans doute aimez vous les intrigues bien roulées. Partez sans crainte, l'auteur
devient un véritable expert pour vous attraper par la main et vous conduire là
où il veut. Et vous ne vous apaiserez qu'en lisant la dernière ligne.
Et puis, vous êtes conscient et responsable et vous haïssez la chasse.
Non ? Détartrez votre matière grise, car vous détestez peut-être
ce que
vous
ignorez, comme un gosse qui rechigne devant une langoustine. Vous apprendrez
mille choses
en
lisant
ce
livre
et
en
particulier
qu'il
y a chasse
et chasse.
Ca vous aidera, à l'avenir, à vous taire avec grâce
quand vous ne savez pas,
plutôt
que répéter les stupidités politiquement correctes (mais, pourquoi
est-ce que je vous agresse, comme ça ? ). Ce
qui
ne
vous
oblige en rien à devenir chasseur. Au fait, vous êtes
chasseur
? De quelle catégorie êtes vous ? Le roman vous aidera à y voir
clair. Beaucoup en sortiront vexés.
Vous aimez les histoires qui finissent bien ? Vous aimez les personnages qui
n'ont
pas
l'air de sortir de chez le psychiatre, dont les comportements sont normaux en
bien
comme
en
mal ?
Moi
aussi. C'est comme ça qu'est construit ce roman, sans avoir besoin de
faire sauter
l'univers ou de se tricoter une transcendance de bazar pour dire" j'existe".
J'apprécie,
ça
repose
et ça rend le récit d'autant plus vraisemblable. Et bien souvent ça rappelle
même
des
gens qu'on croit avoir connu. Essayez.
Il y a quand même un problème. Pourquoi faut-il que ce soient les femmes qui,
dans ce roman,
aient systématiquement le rôle de l'attaquant dans les relations intimes ? L'auteur
serait-il un grand timide qui perd ses moyens au combat ? C'est peut-être tout
simplement
qu'il
a
eu
plus
de
pot que moi.
Un très agréable moment de détente à mettre entre toutes les mains.
Editions France-Empire (2004) - 378 pages