Sándor Márai - Les Braises





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Sándor Márai - Les Braises

A gyertyák csonkig égnek

 

Date de la note : 13 mars 2006
Ce livre, écrit en 1942 par SM (1900-1898) est une longue méditation en dialogue sur l'amitié, qu'accompagne en contre-point la désillusion et l'épuisement de deux hommes solitaires en fin de vie. Ecrire cela en 1942 est peut-être aussi un reflet amer du monde en guerre que connaît l'Europe. Quel ami de la culture allemande ou italienne ou même hongroise n'aurait vécu ces instants sans douter, lui aussi de la nature de son amitié pour elles ?

Deux hommes, bien différents, amis exemplaires en apparence, se retrouvent après 40 ans pour purger une série de non-dits qui ont corrompu leurs vies. L'un, introverti a trahi dans l'ombre l'amitié de l'autre, qui a à peu près tout compris. L'un et l'autre veulent, avant leur mort prochaine dire ce qui peut l'être, pour retrouver la sérénité sans laquelle on ne saurait mourir dignement. Ils y parviendront au terme d'une longue nuit.

On peut trouver l'un lâche, l'autre inhumain, les juger l'un et l'autre égoïstes, ils nous entraînent cependant, grâce à l'art de SM, dans une superbe méditation sur un sujet, l'amitié, qui a déserté les salons à la mode. S'y glissent aussi d'autres valeurs qui ont nourri le siècle pour s'éteindre avec la fin de la seconde guerre mondiale. Ce serait faire preuve d'inculture que d'en rire. SM retrouve ici le ton désillusionné de son roman "Confessions d'un bourgeois" et l'intervalle imprécis entre les mots et la réalité de "Divorce à Buda".

SM est bien un très grand écrivain, sensible à ce monde qui se termine, comme la vie de ses deux vieillards. Un beau roman traditionnel.

Editions Le livre de poche (1995) - 218 pages