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Lomborg (Bjorn) / L'écologiste sceptique.

 

Date de la note : 10 décembre 2002

Imaginons une population de 100000 habitants dont 1000 sont atteints d'une maladie. 20 ans plus tard la population a augmenté à 200000 habitants, et 1200 sont atteints de la dite maladie. Faut-il conclure que :
- la maladie a augmenté de 20%, ce qui est un recul ?
- l'incidence de cette maladie est passée de 1,0% à 0,6%, ce qui est un progrès ?
Tout le débat de ce livre est là, ce qui peut paraître, à première vue, futile. Et cependant, il est facile de comprendre que la vision pessimiste, la plus facile à répandre, conduit à des prévisions et à des actions bien différentes de celles de la seconde vision.

La réflexion écologique devrait être ce travail sur une juste compréhension des données disponibles, sans utiliser les à peu près ou les mensonges glissés ici ou là pour défendre une cause que nul d'ailleurs ne conteste. Ce livre reprend chacune des thèmes forts du débat sur l'environnement et montre les faiblesses souvent invraisemblables des traitements partisans faits aux données disponibles : comparaison de chiffres portant sur des grandeurs différentes, utilisation de données ponctuelles pour des conclusions de long terme, prévisions catastrophiques oubliées dès qu'elles se sont révélées fausses, comme le refroidissement de la terre des années 75, ou l'ineffable "Halte à la croissance ? " du Club de Rome.

Ce long travail de nettoyage de ce qui est faux dans le discours dominant actuel ("tout va de mal en pis") débouche sur une conclusion essentielle : tous les paramètres globaux montrent pour l'essentiel une amélioration de la situation de l'environnement, dans tous les domaines où elle est mesurable. Sachons par exemple que :
- nous ne sommes pas à la veille de manquer d'énergie
- la quantité de nourriture par tête sur terre a augmenté et continue de le faire,
- la pauvreté (quel que soit le critère) a plus diminué dans les 50 dernières années que dans les 500 précédentes,
- après avoir redouté le refroidissement, nous redoutons maintenant un réchauffement de la terre. Les chiffres, ponctuels et récents ne permettent en tous cas pas de justifier l'affolement actuel ni de tirer des conclusions d'action comme celle proposée de réduire radicalement notre recours aux énergies fossiles, car l'impact négatif en serait lui, certain et dévastateur.

- les pluies acides ne tuent pas les forêts,
- la pollution de l'eau et de l'air ont décru et non augmenté,
- les sociétés développées préservent mieux l'environnement que les traditionnelles.

Alors, tout va-t-il pour le mieux ? La réponse est évidemment qu'il faut mesurer ce qui peut l'être pour le savoir, acquérir l'information qui permette de décider d'actions, de ne pas se contenter d'a prioris ou de rumeurs et de prendre en compte, avant d'agir de toutes les conséquences des actions proposées. C'est plus difficile que de crier avec les loups, surtout quand le catastrophisme paye. Combien de ces associations, de ces partis se contentent de racontars pour établir des doctrines, parfois fondamentalistes ? Combien disparaîtraient si elles étaient jugées sur la réalité de leurs propos ? Capitaliser sur la crédulité populaire en utilisant des contre-vérités est indigne et malhonnête, surtout en s'arrogeant le monopole du coeur...

Un livre essentiel.

5

Éditions Cambridge University Press 2001