Dan
Brown - Da Vinci code
Date de la note : 20 juillet 2004
Si la définition de la consommation
est la destruction finale de l'objet, convenons que nous avons ici en main un
objet de consommation. Car
une fois lu, il ne se relit pas ; il est détruit.
Le lire une fois est une agréable expérience. C'est un
roman policier très réussi, qui ravira ceux que l'ésotérisme
fait rêver. Et l'auteur nous entraîne magistralement dans son intrigue,
tendue
à souhait,
pleine d'impasses..
où l'on trouve des issues providentielles, jusqu'à une fin en queue
de poisson,
que l'on
espérait plus explosive, plus spectaculaire. Mais ce qui compte, dit-on,
c'est
le chemin,
pas le but.
Le relire aurait un sens si son contenu apportait un savoir à méditer, ou s'il
s'agissait d'une
approche
littéraire
de
valeurs,
de
caractères intemporels, ou une qualité d'écriture de haute
tenue. Ce n'est pas
le cas. Les personnages sont des caricatures bien dessinées, pas des caractères.
Le style est parfait pour le genre, mais ne le transcende pas.
Quant au contenu, qui joue sur les mensonges délibérés de
l'église chrétienne,
est-ce une révélation potentielle, comme l'auteur semble essayer
de nous le faire
croire
?
Pour
en
être
une
il
faudrait
autre
chose
pour nourrir cette révélation que
la
reprise
de rumeurs ou d'interprétations qui traînent un peu partout depuis
longtemps
et qui sont d'ailleurs peut-être vraies.
Un
travail
historique aurait été plus convainquant. Je signale par exemple
dans cet esprit
le
livre
des
travaux
archéologiques faits sur les premiers livres de la bible (La
Bible dévoilée par
Finkelstein et Silberman) qui dispose par son effort de recherche de preuves
d'une autre force de persuasion. Qui peut croire un instant que la "révélation"
de ce dont "Da Vinci code" nous parle en frémissant aurait de
nos jours le moindre
écho
?
Qui
peut croire que l'humanité changerait en quoi que ce soit à la
suite de cette
révélation
? C'est pourtant la thèse du livre qui, sans cette hypothèse, ne
tiendrait
pas.
Et comme je ne marche pas, je trouve le ressort détendu...
Ceci posé, et donc mis à part le sujet qui aimerait être sulfureux et
qui
me semble plutôt évaporé,
voilà
une bonne lecture pour vous détendre, si vous n'allez pas chercher midi à quatorze
heures.
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fiche lecteur
Editions J C Lattes (2004) - 574 pages.