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Muriel Barbery - L'élégance du hérisson


Date de la note : 26 mai 2007
Il faut saluer l'originalité du ton et de la mise en perspective des personnages et des situations de ce roman. Mais il faut aussi accepter son persiflage souvent naïf, ce qui en fait à mon goût un livre amusant, sans plus.

D'abord une concierge d'un quartier chic, intelligente et cultivée, en souffrance de transgression de classe sociale. Chacun sait qu'en vertu du dogme de gauche, dont l'auteur semble apprécier le caviar, elle est pour l'éternité "victime" de la bourgeoisie idiote qui l'emploie et que toute évolution est impossible. C'est la loi de la lutte des classes. Plus réac socialo, je meurs. Le roman est hélas plein de ces idées reçues qui donnent bonne conscience à bon compte. L'auteur est encore frais ...

Ensuite, une jeune enfant surdouée (au moins pour l'usage des mots) qui pense que la vie n'a aucun sens et qui veut mettre un terme à la sienne, avec un goût très moderne de faire sauter la baraque. Ca arrive et c'est rarement mortel. Ca ne résistera pas à la première marque d'intérêt et d'affection.

Enfin, le Prince Charmant, qui prend la jeune enfant comme page, et va réveiller la Belle au Bois Dormant de la loge. Il est japonais et donc, comme chacun ne le sait pas, immun de cette rigueur mentale conduisant chez le bourgeois français à l'enfermement social des concierges et des BBD (on croit rêver, quand on connaît un peu ce néanmoins merveilleux pays !).

Et tout autour gravitent des personnages souvent tarés (des bourgeois caricaturaux qui ne savent pas reconnaître la sensibilité et le génie !), mais aussi d'autres, sympathiques, comme Manuela la servante au grand coeur qui, bien entendu, bénéficie de la merveilleuse hérédité prolétarienne.

Et ne sachant probablement pas comment clore cette saga un peu surréaliste, l'auteur invente un exterminator involontaire sous les espèces d'une camionnette de blanchisserie. Pourquoi pas ...

Cette aimable galéjade, intelligente et agréable à lire si l'on sait résister aux leçons de morale sociale, surfe néanmoins allègrement, mais sans laisser beaucoup de trace ni d'écume.
Editions Gallimard(2007) - 356 pages